Alerte ! Les processionnaires du pin accélèrent leur migration

Nous sommes entrés dans la pleine période des processions de chenilles. Certes, depuis la fin de l’automne, la Processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) a déjà entamé cette phase, en raison d’une grande diversité de maturité des chenilles sur le littoral atlantique, pour aller s’enfouir dans le sol et devenir une chrysalide dans les semaines ou les mois à venir (nymphose).

Faut-il rappeler que, outre la défoliation des pins et leur ralentissement de croissance, ce lépidoptère est connu pour ses poils très urticants dès le stade larvaire L3 ?

Ainsi, des milliers de poils microscopiques sont libérés, comme moyen de protection, par les chenilles sous stress ou en déplacement. Les nids abandonnés contiennent autant de poils, qui, avec leur système de harpon, s’accrochent à la peau en cas de contacts ou aux parois des muqueuses quand ils sont avalés ou inhalés.

Des risques importants pour la santé

humaine, mais pas seulement !

Les poils urticants contiennent une protéine toxique provoquant des allergies qui se traduisent par des symptômes plus ou moins importants. Les risques les plus courants sont :

- Une atteinte de la peau : urticaire sur les poignets, les avant-bras, le cou, les pliures… ;

- Une atteinte des yeux : conjonctivite, inflammation de l’iris, de la cornée…

Les risques les moins fréquents sont :

- Une atteinte des voies respiratoires : irritation, maux de gorge, difficultés à déglutir… ;

- L’ingestion : hyper salivation, vomissements, maux de ventre… ;

- Un choc anaphylactique.

L’urtication se produit par contact direct avec des chenilles, des nids, des fils de soie laissés sur les branches à l’occasion de leurs déplacements dans l’arbre, ou par des poils urticants présents dans l’air. Outre la présence de chenilles chez soi, il faut rester vigilant sur des sites sensibles tels les écoles, les centres aérés, les crèches, les campings, les jardins publics, etc. Enfin, les animaux sont également concernés par l’urtication. S’ils ingurgitent des chenilles, cela entraîne des nécroses des muqueuses ou de la langue, mais ils peuvent aussi subir des lésions oculaires graves (cécité). Dans le cas d’exposition massive, cela peut conduire à l’euthanasie de l’animal (des dizaines de cas chaque année).

Que peut-on faire en cette saison face à l’invasion ?

La période des traitements biologiques avec le Btk (Bacillus thuringiensis var. Kurstaki) se termine. Dans certaines situations (stade larvaire 5 non atteint, rattrapage), c’est envisageable mais leur efficacité peut être moindre. Consultez votre antenne départementale Polleniz.

- L’échenillage est encore possible. Pour cela, coupez les rameaux porteurs de nids à l’aide d’un sécateur ou d’un échenilloir, puis incinérez-les (sous réserve d’autorisation de brûlage) ou évacuez-les dans des sacs étanches en déchetterie (tout-venant). Le faire avec prudence pour éviter au maximum la dispersion des poils urticants dans l’air ambiant.

- Il est toujours possible d’installer des nichoirs à mésanges ou des gîtes à chauve-souris. Ce sont de bons prédateurs de la Processionnaire du pin à tous les stades. Et ils s’intéresseront aussi à la pyrale du buis, aux moustiques et à de nombreux insectes indésirables.

Intervention = Précaution

Répétons-le. En cette saison, les risques allergiques sont très élevés. Aussi, une intervention (échenillage, enlève-ment des sacs des pièges mécaniques pour les vider, destruction des processions, etc.) doit se faire en prenant toutes précautions : combinaison, gants, masque respiratoire et lunettes.

 

POLLENIZ 85 : 02 51 47 70 61 Contact : Nicolas Tesson polleniz85@polleniz.fr